Les français ont la mauvaise habitude de choisir des dirigeants aux bonnes punchlines, qui ont du charisme, une belle gueule ou qui promettent tout et n’importe quoi à leurs électeurs. C’était frappant l’autre soir lors du débat pour la primaire socialiste. Mme Royal enchaînait les bonnes phrases et les fausses polémiques, M Faure vendait les électeurs du parti socialiste à LFI, M Glucksmann, à qui beaucoup reprochent son manque de charisme alertait sur l’antisémitisme qui monte et sur le conflit entre l’Ukraine et la Russie et M Maurel, un apparatchick socialiste posé, essayait de surnager dans le débat.
Quand une dame a expliqué qu’elle élevait ses enfants avec 400 euros, que d’autres parlaient du prix du plein d’essence, aucun de ces candidats ne semblaient avoir de prise avec le réel. C’était le concours à celui qui créerait le plus de taxes dans le pays le plus taxé du monde, qui irait faire la chasse aux riches dans un pays ou ceux cis sont déjà partis. On nous vendait une énième taxe écologique ou une révolution verte que l’état français ne sait pas et ne peut pas financer fautes de finances en ordre.
Tout ceci - et les débats de la primaire socialiste ne sont pas d’un meilleur niveau que ceux que les candidats à la présidence ont eu cet été devant le MEDEF ou à la rentrée sur LCI – laisse à penser qu’il faudra que l’électeur français qui depuis les années 1980 vote pour des personnalités fort sympathiques mais dénuées de tout courage politique, tout ceci donc demande que l’électeur français se pose cette question forte l’année prochaine : est ce que je préfère le beau gosse un peu harceleur de cour de récréation ou le premier de classe qui parle un peu sérieusement des moyens de sortir la France de l’état dans lequel elle est en ce moment.
Parce que les défis à relever sont immenses. Rappelons au lecteur que le déficit extérieur est au plus haut et que donc la France s’appauvrit chaque année. Rappelons à l’électeur que les comptes de l’état ne sont pas tenus puisqu’il dépense chaque année 31% en plus de ses revenus. Rappelons à l’électeur que les retraites ne sont pas financées et qu’en l’état actuel des choses, le système ressemble à une pyramide de Ponzi qui va s’écrouler quand les gens qui ont entre 40 et 50 ans aujourd’hui rentreront à la retraite. Rappelons aussi à l’électeur que les entreprises françaises sont parmi les plus taxées de la planète et que si nous souhaitons une croissance plus forte que les 1% annuels qu’elle fait en ce moment (c’est à dire du sur place depuis 10 ans au moins), nous devons trouver des moyens de faire un peu plus de libéralisme. Cuba, le Venezuela et la Corée du Nord ne sont pas des exemples à suivre en économie. Ceci ce sont des problèmes structurels.
Les problèmes du jour ne sont pas non plus à négliger. Les détroits de Bab El Mandeb et d’Ormuz sont fermés, ce qui inévitablement a fait monter le prix des carburants et du chauffage. C’est donc une solution rapide et efficace qu’il faut mettre en place. Il n’y a que trois solutions à un problème de ce type : faire une coalition pour les rouvrir, par la force si nécessaire, baisser les taxes délirantes que l’état prélève sur carburants ou trouver des approvisionnements plus fiables et à des prix raisonnables autre part qu’au Moyen Orient. Il est étonnant que seul deux ou trois hommes politiques n’aient cité, et encore très rapidement que la deuxième solution. Le président de la république, quand à lui n’a pas l’air de prendre au sérieux la situation. Sinon, lors de sa convocation des chefs de partis, il aurait sans doute évoqué une manière de sortir de la crise. Mme Meloni a indiqué qu’elle escorterait les bateaux italiens dans les détroits et M Merz a déclaré un moratoire sur les taxes touchant les carburants.
Il faudra sans doute que les français choisissent donc l’année prochaine pour « faire le job » parmi les candidats en lice ou en passe de l’être celui d’entre eux qui semble avoir un peu de courage politique, celui qui propose une révolution copernicienne de la manière dont le pays est gouverné. Et il faudra sans doute cette fois ci éviter de voter pour le premier tribun venu et choisir un homme sérieux et appliqué.


